Une vie de Porteña

7/7/2020
Publié par
Marie

Les portes du métro se ferment. Quelques personnes demeurent en rade sur le quai. Elles n'ont pas pu monter. Trop de monde. Il faut dire que pour se rendre dans le Microcentro de Buenos Aires, il faut jouer des coudes. Une fois dans le véhicule, la patience est de rigueur. Il fait chaud, on est serré, davantage même que dans une benne de Verbier (si c'est possible). La musique en sourdine qui émane des écouteurs de certains rythme le voyage. Un stop. Deux. Puis, après 20 minutes vient enfin le terminus. Il faut sortir dans la cohue, protéger ses affaires et être au taquet pour trouver sa sortie.

Puis il y a l'école. Les cours. Les professeurs. Les copains. Ceux qui parlent anglais, espagnol ou qui font un doux mélange. Il y a le café de la pause, accompagné pour moi d'une pomme. Le dîner à l'emporter du chinois qui fait un peu de tout et dans lequel on paie au poids (même avec ma meilleure volonté je n'ai jamais dépassé 3 chf). Les classes de conversation animent l'après-midi qui file à vitesse grand V. De semaines en semaines, on voit ses propres progrès et ceux des autres, on apprend en écoutant, on sourit lorsqu'on se rend compte que l'on a échappé à un piège de la langue. On fait nos devoirs avec assiduité. On veut progresser.

De l'école, on se rend dans un café, pour discuter, rire, vivre la vie de Porteños. Si certains déclinent parfois le café, c'est pour profiter du wifi de l'école et appeler à la maison. Parce qu'au fond nos pays d'origine ne sont jamais loin. Comme une rengaine, nous les évoquons en cours, comparons leurs situations. Ma raison à moi de trainer dans les couleurs de l'école, c'est toi, au bout d'un fil dont ton extrémité se trouve de l'autre côté de l'Atlantique. Tu me racontes ta journée, les sandwichs tartinés, les repas livrés, la chaleur de l'été helvétique, le prochain événement ou le dernier site internet. Un rayon de soleil qui boucle mon après-midi avant de me rendre au yoga.

Car c'est aussi cela l'Argentine pour moi, un temps de préparation pour l'Inde qui suivra. Mais pas tout de suite, demain j'ai cours.

Lunes, martes, miercolés, jueves et enfin viernes. Un bar, des bières. Des copains Brésiliens, Américains, Hongrois, Hollandais, Allemands. On rit. On boit une bière, puis une autre. On switche de l'anglais à l'espagnol. On évoque les cours, nos vies chez nous, l'avenir. Mais surtout, on organise des sorties pour les deux jours à venir. Car outre la langue, c'est aussi la ville que nous voulons apprendre à connaître. Du Microcentro à La Boca en passant par Recoleta, San Telmo et Palermo, Buenos Aires se révèle chaque jour un peu davantage.

On verra demain...

La Casa Rosada trône en face de la Plaza de Mayo, au coeur de Buenos Aires.
Don't cry for me Argentina...
L'obélisque et l'Avenida de 9 de Julio.
Puerto Madero, le quartier huppé.
La Boca.
La Boca.
El Caminito
La Bombonera, stade de Boca Junior.
Les cours...
Les copains.
Le cri des Argentins, face à la crise.
Le boeuf et le Malbec
La vue de la fenêtre de la cuisine, salle à manger et salon.
Mon chez moi Porteño.